Revue de scénario : Adéquation volume/exécution et répartition des charges
Un plan affiche un taux de remplissage théorique optimal. C’est propre. Sur le papier. Le quai, lui, fonctionne avec de l’acier, du frottement et des lois de la mécanique des fluides appliquées à des palettes hétérogènes. Le décalage est systématique. Les équipes calibrent leurs KPI sur le cube exploité, supposant implicitement une exécution fluide. Erreur de postulat. Maximiser l’occupation spatiale sans verrouiller les contraintes de masse déplace le centre de gravité vers l’arrière du caisson. Le résultat ? Une surcharge d’essieu à la barrière de péage, un refus de transit, ou pire, une rupture structurelle en virage à vitesse stabilisée. Ce workflow force la collision entre l’abstraction algorithmique et la friction physique.

Initialisation & Nomenclature : Le squelette avant les muscles
Cliquer sur « Créer ». La boîte de dialogue apparaît. Rien d’automatique. Saisir un titre. Éviter les génériques du style « Test v1 » ou « Plan urgent ». Utiliser une convention qui lie l’identifiant client, la date de dispatch et le type de fret. La traçabilité rétrospective s’effondre dès que les noms deviennent opaques. Enregistrer. Le système persiste l’état. On atterrit sur la surface d’édition.


Pourquoi cette rigidité apparente ? Parce que le solveur ne devine pas. Il consomme des métadonnées. Un plan mal nommé se perd dans les logs d’audit. Un plan mal structuré génère des calculs orphelins. La persistance initiale n’est qu’un marqueur. Le vrai travail commence ailleurs.
Saisie, Quantités & Déclenchement du Solveur
Accéder au module « Plans de chargement ». Cliquer sur « Calculer ». On bascule en mode paramétrage. Le catalogue s’ouvre. Sélectionner un produit. Cocher les lignes. Sauvegarder. Répéter pour les SKU suivants. Le lot se constitue.

Les quantités. C’est là que les écarts naissent. Modifier la ligne. Effacer la valeur par défaut. Taper 100. Enregistrer. Passer au second. Saisir 200. Puis 300 pour le troisième. Valider chaque entrée. Le système attend des entités discrètes, pas des approximations. Cliquer sur « Suivant ». Sélectionner le conteneur cible. Associer. Valider. Passer à la phase finale. Cliquer sur « Démarrer le calcul ». Le traitement est asynchrone. Attendre. Confirmer à l’issue.

L’algorithme traite le bin-packing sous contraintes. Il empile. Il teste des millions de permutations géométriques. Mais il ignore la résistance réelle du carton ondulé face à une surcharge statique. Il ne modélise pas la déformation d’un film étirable sous humidité. Si vous laissez les tolérances de porte ouvertes ou si vous sous-estimez le poids net par unité, la sortie sera mathématiquement parfaite et physiquement catastrophique. Le calculateur ne remplace pas la vérification des fiches techniques. Il amplifie les données que vous lui fournissez.
Audit 3D/2D & Manifeste : Quand les chiffres mentent
Ouvrir « Plans de chargement ». Repérer la ligne cible. Cliquer sur « Détail ». La page de résultats charge.

Deux chiffres sautent. 104 articles chargés. 496 articles non chargés. Déplier le premier panneau. Le manifeste déroulé. Statistiques quantitatives. Tout semble aligné. Fermer. Déplier le second panneau. Examiner les exclusions. Pourquoi ces 496 unités restent-elles sur le quai ? Conflit d’orientation ? Plafond de poids conteneur atteint ? Le moteur expose la cause racine. Ne jamais ignorer les refus. Forcer le chargement en contournant les exclusions, c’est accepter la casse en chaîne.

La validation visuelle n’est pas un gadget. Cliquer dans la zone 3D. Faire glisser. Inspecter l’agencement. Réglage de la vitesse à 10×. Lancer la lecture. La séquence d’empilage se déroule. Pivoter la caméra pendant la simulation. Chercher les surplombs. Repérer les masses lourdes positionnées en hauteur. Basculer sur « Guide 2D ». La vue en plan supprime les illusions de perspective. Vous vérifiez les corridors d’accès. Vous croisez la logique de chargement.

Cliquer sur « Schéma / Manifeste ». La liste dimensionnelle apparaît. Longueur, largeur, hauteur, poids unitaire, volume total. C’est votre contrat de transport numérique. Mais l’outil s’arrête à la géométrie. Il ne valide pas le calage réel. Il ne mesure pas la compétence du cariste. Il ne prédit pas la condensation dans un conteneur réfrigéré mal pré-froidé. Signer sans un audit terrain, c’est transférer le risque.

Filtrage & Traçabilité
Le scroll manuel est une fuite de temps. Ouvrir la liste. Développer le filtre « Nom du plan ». Taper un mot-clé, tester par exemple. Le moteur applique une correspondance floue. Cliquer sur « Rechercher ». Les résultats s’alignent.

Pourquoi insister là-dessus ? Parce que dans les environnements multi-sites, la réversibilité des décisions est critique. Comparer les itérations, tracer les exclusions récurrentes, auditer les arbitrages commerciaux post-calculexige un accès déterministe aux enregistrements. Le filtre n’est pas cosmétique. C’est un outil de débogage opérationnel.
Limites & Vérifications Manuelles Obligatoires
L’optimisation spatiale sous contraintes résout l’équation du remplissage. Elle signale les exclusions. Elle génère un manifeste structuré. Elle ne remplace pas la physique du monde réel. Avant de valider, il faut vérifier à la main : la capacité portante réelle des palettes (pas la théorique), la rigidité du gerbage au-delà de la troisième couche, la largeur effective des portes après usure des charnières, et la répartition du poids sur l’axe avant du porteur. Un algorithme ne devine pas un SKU déformé. Il ne prévoit pas un chariot élévateur au vérin fatigué.
Croiser systématiquement la projection 3D, la coupe 2D, et les limites physiques réelles transforme une projection abstraite en séquence exécutable. Les retards disparaissent. La casse structurelle s’effondre. Le reste relève de la discipline opérationnelle. Le plan est une hypothèse. Le quai est la preuve. Allez comparer les deux.